Croire Paroisses

Commentaire

Les milieux politiques et sociaux prennent de plus en plus conscience de la fracture sociale entre les riches et les pauvres à notre échelle et celle de la planète. La crise frappe fort et dur ! Va-t-on se résigner ? La parabole de l’Évangile de ce dimanche annonce pour l'au-delà une remise l'heure de nos cadrans d'ici-bas.

Un mur d’indifférence

La parabole met en scène deux hommes aux antipodes de l’échelle sociale au temps du Christ : un riche qui se goinfre, vautré (le mot est du prophète Amos) dans son bien-être ; en face de lui, un malheureux qui se meurt dans un état de délabrement extrême. Il n’est pas dit que le riche soit un méchant homme, maltraitant Lazare. Il ne voit le pas. Il l’ignore…
L’indifférence rend totalement insensible et imperméable à l’autre, et par voie de conséquence éloigne de Dieu qui se fait proche de ceux qui souffrent. Finalement, elle détruit le coeur.
« L’indifférence, elle te tue à petit feu, l’indifférence ! », chantait Gilbert Bécaud.

Un fossé qui monte au ciel

«Un abîme a été mis entre nous et vous », dit Abraham à l’homme riche. On pourrait croire que cet éloignement est la conséquence d’un jugement de Dieu. En réalité, le fossé qui a été creusé et entretenu sur terre par le riche lui-même monte jusqu’au ciel où il devient, dans une inversion de situations, un gouffre tout aussi infranchissable qu’il l’était ici-bas. L’enfer, dès aujourd’hui, est un brûlant et tragique éloignement de la source de l’amour qui coule du coeur de Dieu et se répand en nous par le canal de l’accueil fraternel. C’est donc sur terre que l’au-delà se joue. Un regret tardif n’y changera rien. L’Abbé Pierre a dit un jour : «Gardez toujours un carreau cassé quelque part dans votre maison pour entendre l’appel de celui qui est sans toit, et pour sentir un peu le froid qui le ronge. »

Le malheur d’être seul

La parabole semble suggérer que le riche n’a même pas de convives à sa table pourtant bien garnie. Il est seul et il va le rester dans l’autre vie. Il vit l’enfer de la solitude qu’il a lui-même organisée et où il s’est enfermé. Il est mort d’ennui et de manque d’amour plus que d’excès de table ! L’égoïsme est un malheur. « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent. » Le malheur du riche n’est pas seulement d’avoir été dur de coeur, mais dur d’oreille !